Mercredi 13 Janvier à 15h17
Point G : mythe ou réalité ?
Par Destination Santé
Hommes et femmes le cherchent depuis des décennies. Certaines sont persuadées de l'avoir trouvé. D'autres pensent qu'il n'existe pas. Alors, quid du point G ?
D'après des chercheurs du King's College de Londres, son existence serait un mythe. Ils basent leur hypothèse sur un questionnaire rempli par 1 800 sœurs jumelles, sans aucun examen physique. Est-ce bien suffisant pour faire fi de ce siège du plaisir féminin ? Des sœurs jumelles de 22 à 83 ans ont en effet répondu à un questionnaire au sujet de leur sexualité. Parmi les questions : « pensez-vous avoir ce que l'on appelle un point G, c'est-à-dire une petite zone de la taille d'une pièce de monnaie, située sur la face antérieure de votre vagin, et qui est sensible à une pression forte ? ». Cette définition très précise laissait peu de marge aux femmes qui percevraient un point sensible plus gros, plus petit, ou un peu décalé… Un peu plus de la moitié des interrogées ont répondu « oui ». Mais les auteurs n'ont observé aucune corrélation entre les réponses des jumelles. Les chercheurs britanniques en ont déduit qu'il n'existait pas de base physiologique au point G, qui n'était qu'un 'pseudophénomène'… Un peu léger comme démonstration ! D'autant plus que seulement 30% des femmes ayant répondu aux questionnaires rapportaient avoir un orgasme pendant les relations sexuelles, ce qui introduit aussi un biais dans les résultats de l'étude. Cela partait certes d'une bonne intention : rassurer les femmes – et les hommes ! – à la recherche désespérée du point Grafenberg (nommé ainsi d'après le médecin allemand qui le décrivit pour la première fois en 1950). Enfin, deux gynécologues français (Cocorico !), le Dr Odile Buisson (gynécologue-obstétricien, spécialisée en échographie gynécologique, à Saint-Germain-en-Laye) et le Pr Pierre Foldès (chirurgien urologue spécialisé dans la reconstruction du clitoris après excision) se sont penchés activement sur cette zone de plaisir. Espérons qu'ils apporteront bientôt la preuve scientifique de son existence. Nous pourrons ainsi tous et toutes repartir à la recherche du Graal !
Source : Journal of Sexual Medicine, 4 janvier 2010 – CNN.com, 7 janvier 2010 - 12ème congrès de l'European Society for sexual Medicine, 15-18 novembre 2009 |