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Santé périnatale : comment va la France ?

La grossesse, l’accouchement, le suivi après la naissance… Quel est l’état de la santé périnatale en France ? Dans son bilan fortement contrasté, l’enquête périnatale 2016 se concentre sur plusieurs données. Ce travail évoque entre autres l’âge de la maman et l’incidence du surpoids, le risque de prématurité et la consommation de tabac. Mais également la gestion de la douleur et le recours à la médicalisation…

En mars 2016, l’Inserm* et la Drees** ont mené une enquête périnatale au sein de 517 maternités de France. Au total, 14 142 dossiers (enfants nés vivants et mort-nés) ont été examinés.

Grippe, prématurité, tabac…

Selon les résultats, certains facteurs de risques ont pris de l’ampleur. Les femmes deviennent mère de plus en plus tard, à 35 ans ou plus. Le surpoids et l’obésité sont aussi de plus en plus fréquents en 2016 comparés à 2010. Autres points, le tabagisme pendant la grossesse n’a pas baissé et stagne à 17% chez les femmes enceintes. Et ce malgré les campagnes de sensibilisation. Tout comme le taux de vaccination contre la grippe qui « reste très faible (7%) », alors que les futures mamans présentent un risque élevé de complications si elles contractent ce virus hivernal.

Les données du côté de la prématurité noircissent aussi le tableau : le taux de naissances avant terme augmente depuis 1995, date à laquelle il s’élevait à « 4,5%, contre 6% en 2016 chez les enfants nés vivants ». Le nombre d’enfants de petits poids est, lui, passé de 10,1% à 10,8% entre 2010 et 2016.

Point de disparité, la situation en Outre-mer est plus critique que celle de la France métropolitaine. Dans ces territoires, 25% des futures mamans ne vivent pas en couple, avec un risque de précarité augmentée, contre 5% en métropole. Le taux d’obésité y est largement plus élevé, 21% dans les DROM contre 12% dans l’Hexagone. En revanche, « seules » 5% des futures mamans continuent de fumer (contre 17% en métropole).

Quelles conditions d’accouchement ?

Autres informations qui ressortent de l’enquête périnatale : « les accouchements ont plus souvent lieu dans des maternités publiques, spécialisées et de grande taille, mais le nombre de petites maternités (moins de 500 accouchements par an) n’a pas diminué ». La présence du corps médical semble s’être renforcée lors de la naissance : « la part des services ayant en permanence sur place un obstétricien (de 54% en 2010 à 61% en 2016), un anesthésiste (de 75% à 81%) et un pédiatre (de 34% à 40%) a augmenté. »

Paradoxalement, et en raison de la demande croissante des femmes dans ce sens, le recours à la médicalisation tend à reculer, avec une proportion stagnante de césariennes et une diminution du nombre d’épisiotomies (passant de 27% à 20% entre 2010 et 2016). L’administration d’oxytocine, hormone déclenchant le travail et présentant des risques pour la santé maternelle, devient quant à elle moins fréquente.

Marges de progression

En matière d’analgésie, « les femmes sont globalement satisfaites de la méthode reçue pour gérer la douleur et pour les aider pendant les contractions (61,3% étaient très satisfaites et 27% plutôt satisfaites), mais il existe une marge de progression pour améliorer le confort durant le travail, puisque 11,7% d’entre elles étaient « peu ou pas du tout satisfaites de la méthode reçue », indiquent les auteurs. En outre, « la proportion de femmes n’ayant pas eu d’analgésie en cas d’extraction instrumentale n’a pas diminué entre 2010 et 2016, alors que ces situations devraient être évitées ». La pratique de rupture artificielle des membranes, communément appelées « poche des eaux », est elle aussi en diminution. Mais elle concerne toujours 41,4% des femmes en travail spontané en 2016, contre 51,1% en 2010.

Ces données montrent une amélioration de la prise en charge, même si ces actes restent encore parfois pratiqués sans que la situation ne l’exige.

Des données qui font écho à la médiatisation récente des plaintes de femmes concernant des violences obstétricales. Ainsi plusieurs d’entre elles évoquent des épisiotomies non consenties, les expressions abdominales ou encore les touchers vaginaux sans consentement préalable… Si les obstétriciens s’en défendent, la polémique prend de l’ampleur.

*équipe de recherche en Epidémiologie Obstétricale, Périnatale et Pédiatrique (EPOPé) de l’Inserm
** Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques

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