Cancer

La montée en puissance des soins de support

Les progrès dans la prise en charge des cancers ont permis d’augmenter l’espérance de vie de nombreux patients[1]. Mais qu’en est-il de leur qualité de vie ? Pour atténuer les effets secondaires des traitements, pour reprendre confiance en soi, pour retrouver une bonne santé psychologique, les soins de support doivent être psyupporoposés à tous les patients. Au menu, nutrition, activité physique, médiation, acupuncture, art-thérapie, musicologie.

Des chiffres affolants

En 2018, 18,1 millions de personnes atteintes d’un cancer ont été diagnostiquées[2]. Dans le monde, 1 homme sur 5 et 1 femme sur 6 développera un cancer au cours de sa vie. Autres données, 1 homme sur 8 et 1 femme sur 11 ne survivra pas à la maladie.

L’ampleur s’explique notamment par la croissance démographique et le vieillissement de la population.  Mais aussi par le développement économique et social, (…) l’industrialisation des pays accentuant par exemple la mauvaise alimentation, le phénomène de sédentarité et le fléau du tabagisme[3].

En France, en 2017, le nombre de nouveaux cas de cancer était estimé à 400 000[4]. Tous sexes confondus, 150 000 décès liés aux cancers ont été rapportés cette même année. Les cancers les plus meurtriers sont le cancer du poumon chez l’homme, et celui du sein chez la femme [5]

Le tabac est responsable de dix-sept localisations de cancers et de 45 000 décès[6] par an en France. Autres facteurs de risque, l’alcool, l’obésité et les facteurs environnementaux tels que les polluants atmosphériques. Dans ces domaines, plusieurs mesures ont été prises notamment en faveur de la prévention nutritionnelle, pour réduire l’émission de polluants atmosphériques, pour mieux encadrer l’activité liée aux cabines UV et pour mesurer l’impact des expositions aux pesticides. Bonne nouvelle toutefois, dans le monde, 43,6 millions de patients sont aujourd’hui en vie 5 ans après le diagnostic de leur cancer[7].

Bien manger, l’engagement de Biogaran

Les traitements contre le cancer peuvent altérer notre appétit. Mais la maladie en elle-même retentit également sur notre rapport à l’alimentation. D’autant plus quand la tumeur touche les organes du tube digestif [8]. Pourtant, bien se nourrir est essentiel pour lutter contre la maladie.

C’est d’ailleurs l’engagement de Biogaran : aider les patients à conserver le plaisir de bien manger en leur proposant des conseils et des astuces  pratiques pour conserver une alimentation adaptée pendant les traitements contre le cancer.

Pour aider ces patients atteints de cancer, Biogaran a lancé un site internet dédié : www.mieuxdansmonassietteaveclecancer.fr. Sur ce site, on peut y retrouver  des astuces simples à connaître pour contourner les troubles alimentaires liés aux effets secondaires des traitements et conserver de bonnes habitudes alimentaires le plus longtemps possible. Grégory Cuilleron, chef cuisinier, et Alix Mottard-Goerens, diététicienne, y proposent des recettes adaptées.

Au mois de juin dernier un food truck a été installé sur le parvis du Centre Léon Bérard (Centre de lutte contre le cancer de Lyon)  le temps d’une journée. Il a rassemblé patients, proches, chefs de cuisine et professionnels de santé. Des experts en nutrition et en diététique du centre anti cancer ont ainsi conseillé les patients en leur faisant partager leurs astuces pour bien manger. Cette, initiative qui a été un succès, se poursuit actuellement dans d’autres centres en France.

Les soins de support, un allié pour tous les patients

« La prise en charge d’un cancer ne s’arrête pas au traitement de la seule maladie », explique l’Institut national du Cancer (INCa)[9]. « Traduit de l’anglais « supportive care », les « soins de support » sont définis comme l’ensemble des soins et soutiens nécessaires aux personnes malades tout au long de la maladie. Ils se font en association avec les traitements spécifiques contre le cancer éventuellement mis en place. »

Le déploiement du premier Plan Cancer a amélioré l’organisation et la coordination de ces soins, à l’hôpital et à domicile. Aujourd’hui, les soins oncologiques de support sont reconnus comme faisant partie intégrante du soin en cancérologie.

Consultations, hypnose, médecine Physique et Réadaptation, nutrition et diététique, orthophonie ou encore sexologie… Les soins de support destinés aux patients atteints d’un cancer sont nombreux et variés. Ces soins ont pour objectif de minimiser les conséquences de la maladie et des traitements. Ils peuvent être proposés lors de l’annonce de la maladie, pendant et après le traitement et s’adaptent aux besoins des patients et de leur entourage.

 De l’activité physique adaptée

« Une activité physique adaptée contribue à améliorer votre qualité de vie pendant et après le cancer », indique l’INCa[10]. De multiples études scientifiques ont démontré que le sport permet de réduire le risque de récidive pour certaines tumeurs[11]

De nombreux sports en effet, sont accessibles aux patients qui souffrent ou ont souffert d’un cancer. Natation, vélo, fitness, yoga… L’activité physique réduit sensiblement la fatigue et l’anxiété des malades durant le traitement et elle améliore leur image de soi, aussi bien pendant qu’après ce dernier.

Après un cancer du sein, par exemple, la pratique d’une activité physique au moins 3 heures par semaine réduirait les risques de récidive de 20%. Un pourcentage qui grimperait à 50% au-delà de 9h d’activité physique par semaine[12] ! Par ailleurs, l’activité physique permet de lutter contre les séquelles liées aux traitements.

Exemple avec le yoga. Des scientifiques de l’Université du Texas à Houston, ont suivi 163 femmes souffrant d’un cancer du sein. Après les avoir réparties en trois groupes distincts, ils ont observé leur évolution au cours de leur traitement par radiothérapie. Le premier groupe faisait du yoga pendant une heure trois fois par semaine, le second du stretching selon le même régime, et le dernier groupe pour sa part ne suivait aucune activité. Six mois après la fin du traitement, seules les femmes du groupe pratiquant le yoga ont fait état d’une moins grande fatigue que les autres, et d’une amélioration sensible de leur état général. Les patientes qui avaient pratiqué le stretching, quant à elles, s’estimaient seulement « moins fatiguées »[13].

Du sport sur ordonnance ?

Depuis le 1er mars 2017, les médecins peuvent prescrire une activité physique adaptée à des patients souffrant d’une affection de longue durée (ALD), comme le cancer. La loi du 26 janvier 2016 de modernisation de notre système de santé prévoit, dans son article 144[14] la prescription d’activité physique adaptée aux patients atteints d’une ALD. Il s’agit d’une « pratique (…) de loisir, de sport ou d’exercices programmés, de mouvements corporels produits par les muscles squelettiques ». Elle est « basée sur les aptitudes et les motivations des personnes ayant des besoins spécifiques qui les empêchent de pratiquer dans des conditions ordinaires. Les techniques mobilisées relèvent d’activités physiques et sportives » précise le texte. Elles se distinguent donc « des actes de rééducation qui sont réservés aux professionnels de santé, dans le respect de leurs compétences ».

Les médecins établissent des protocoles à partir d’un « formulaire spécifique ». Ils travaillent en lien avec plusieurs professionnels de santé appelés à mettre en pratique les séances, auprès des patients : les masseurs-kinésithérapeutes, les ergothérapeutes et les psychomotriciens, mais aussi tout un ensemble d’acteurs du sport, qu’ils bénéficient d’un diplôme universitaire (Master 1 ou 2) orienté APA-S (pour ‘Activité Physique Adaptée et Santé’), d’un brevet d’Etat (BE) ou d’un brevet professionnel de la jeunesse, de l’éducation populaire et du sport (BPJEPS).[15]

La socio-esthétique, se soigner en prenant soin de son image 

La socio-esthétique, c’est le fait de travailler sur la resocialisation et l’estime de soi. Les socio-esthéticiennes en fait, participent à l’accompagnement corporel de la souffrance et de la douleur par l’écoute et le toucher. La maladie entraîne souvent une altération de l’image de soi. Par leurs soins, elles contribuent à redonner confiance en soi à des malades fragilisés. D’ailleurs depuis 2003, la socio-esthétique est inscrite comme soin de support dans le plan Cancer. « Les soins proposés sont les mêmes qu’en salon esthétique tout en étant adaptés aux règles d’hygiène, aux traitements, à l’état de santé des patients et à leurs besoins », explique l’Association francophone pour les soins oncologiques de support (AFSOS). Ils sont proposés gratuitement dans un cadre rassurant avec un personnel formé spécifiquement. [16]

Véritable moment de détente, le soin s’apparente à une parenthèse beauté. Objectif, garder un lien bienveillant avec soi-même. Soins du visage, des mains, maquillage, apportent un véritable moment de bien-être. La socio-esthétique permet aussi d’aborder l’approche des prothèses capillaires ou des foulards pour gérer la perte des cheveux. Enfin, des massages peuvent être proposés offrant un instant d’évasion physique et psychologique.

 Quelle place pour les médecines complémentaires ?

« Les thérapies complémentaires regroupent des approches, des pratiques, des produits de santé et médicaux qui ne sont pas habituellement considérés comme faisant partie de la médecine conventionnelle, à un endroit et à une période donnés. » Voici la définition officielle émanant du National Center for Complementary and Alternative Medicine. [17]

Ostéopathie, méditation, sophrologie, phytothérapie, homéopathie, acupuncture, mais aussi médiation animale, musicothérapie… Autant de médecines complémentaires largement utilisées en France par les patients. Lesquels recherchent avant tout à atténuer les effets secondaires des traitements conventionnels, en particulier la fatigue. Mais aussi à stimuler le système immunitaire[18].

Pour l’AFSOS, « l’homéopathie et l’acupuncture, en accord avec l’équipe soignante, ont une place particulière car elles sont prescrites et suivies par des médecins. Elles peuvent notamment réduire les nausées et les vomissements liés aux chimiothérapies. Elles apportent un bien-être physique et moral mais elles ne s’attaquent qu’aux symptômes et en aucun cas ne guérissent du cancer. » [19]

Quel rôle pour les pharmaciens ?

En matière de cancer,  l’ensemble des pharmaciens agit au quotidien dans les officines pour accompagner les patients. En effet de plus en plus de thérapies anticancéreuses sont administrées par voie orale[20]. Il s’agit donc pour le pharmacien d’appréhender à la fois ces médicaments et la pathologie cancéreuse.

La prise en charge officinale du cancer est aujourd’hui fondamentale pour prévenir les effets secondaires de traitements souvent lourds. Grâce à sa proximité et sa grande disponibilité, le pharmacien d’officine établit une relation de confiance avec le patient et ses proches lui permettant de favoriser l’observance. Enfin, il joue un rôle important d’accompagnement, voire d’orientation vers des équipes médicales ou des structures spécialisées.

Dans le cadre du plan cancer 2014-2019[21], il est clairement spécifié que les pharmaciens ont un rôle à jouer dans le développement de programmes d’éducation thérapeutique des patients (ETP). Cette mesure se traduit  en officine, notamment par la mise en œuvre d’un vaste programme national de réduction du tabagisme pour prévenir en amont le risque de cancer et par la participation aux campagnes de dépistage.

 

[1] http://invs.santepubliquefrance.fr//Espace-presse/Communiques-de-presse/2016/Les-nouvelles-donnees-sur-la-survie-des-personnes-atteintes-de-cancers-en-France-metropolitaine – consulté le 11 septembre 2018
[2] Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) – Dernières données mondiales sur le cancer : le fardeau du cancer atteint 18,1 millions de nouveaux cas et 9,6 millions de décès par an en 2018 – septembre 2018
[3] Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) – Dernières données mondiales sur le cancer : le fardeau du cancer atteint 18,1 millions de nouveaux cas et 9,6 millions de décès par an en 2018 – septembre 2018
[4] INCa – L’Institut national du cancer publie l’essentiel des faits et chiffres des cancers en France en 2017
[5] INCa – L’Institut national du cancer publie l’essentiel des faits et chiffres des cancers en France en 2017
[6] INCa – Le rapport 2017 « Les cancers en France » est disponible
[7] Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) – Dernières données mondiales sur le cancer : le fardeau du cancer atteint 18,1 millions de nouveaux cas et 9,6 millions de décès par an en 2018 – septembre 2018
[8] Alimentation et cancer. Comment s’alimenter pendant les traitements ? Ligue nationale contre le cancer
[9] http://www.e-cancer.fr/Patients-et-proches/Qualite-de-vie/Soins-de-support/Definition – consulté le 10 septembre 2018
[10] INCa – Activités physiques et cancers
[11] INCa – Activités physiques et cancers : des bénéfices prouvés pendant et après les traitements – mars 2017
[12] Institut Curie – Après un cancer du sein, faites du sport ! – mars 2017
[13] Université du Texas M. D. Anderson Cancer Center- Yoga improves quality of life and benefit finding in women undergoing radiotherapy for breast cancer –  mai 2011
[14] Décret n°2016-1990 du 30/12/16 relatif aux conditions de dispensation de l’activité physique adaptée prescrite par le médecin traitant à des patients atteints d’une affection de longue durée – Article 1
[15] Mutuelle Air France – La prescription d’activité physique adaptée en pratique – janvier 2017
[16] Mes soins de support – Préserver son image corporelle
[17] AFSOS – Place des thérapies complémentaires dans les soins de support – décembre 2012
[18] https://www.ligue-cancer.net/sites/default/files/brochures/soins-de-support-2009-08.pdf – consulté le 11 septembre 2018
[19] AFSOS – Médecines douces et thérapies complémentaires
[20] http://thesesante.ups-tlse.fr/563/ – consulté le 11 septembre 2018
[21] http://lalettre.ordre.pharmacien.fr/accueil-lettre-39/Plan-cancer-2014-2019-les-pharmaciens-appeles-a-s-impliquer – consulté le 11 septembre 2018

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